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La bataille

La victoire oubliée

 

La période retenue va durer 6 semaines du 1er août au 12 septembre, la bataille qui nous occupe s’étalant elle-même sur les 3 dernières, du samedi 22 août au samedi 12 septembre.
Le Plan français est dans un premier temps exécuté avec une efficacité remarquable.
01 août au 8 août : Couverture – mobilisation et concentration


La couverture des frontières


Du 31 juillet au 2 août, les troupes du XXe Corps basées principalement à Nancy, Toul, Lunéville et Saint-Nicolas rejoignent leurs emplacements de couverture en quelques heures. Elles sont fin prêtes.
La frontière est sur la rivière Seille à 20 Km de Nancy, le Gouvernement veut que les troupes restent à 8 km de celle-ci pour qu’un incident de frontière ne donne pas un prétexte à l’Allemagne de nous attribuer la faute de la guerre.
Rappelons que le choix a été fait de ne pas fortifier Nancy. La batterie de l’Éperon qui domine le confluent de la Meurthe, de la Moselle et de l’Amezule est la seule fortification digne de ce nom à proximité de Nancy. Le soi-disant fort du Rembêtant qui domine le confluent de la Meurthe et du Sanon à Dombasle-sur-Meurthe est un assemblage hétéroclite de quelques baraquements, tranchées et fils de fer.
Le front attribué à la 2e Armée va de la Moselle à Pont-à-Mousson jusque la région de Blâmont.
XXe Corps :
Le XXe Corps est donc en arc de cercle devant Nancy, du Mont Sainte-Geneviève, Mont Toulon, Mont Saint-Jean, Eulmont, Plateau de la Rochette, Mont d’Amance, Champenoux, Cercueil, Buissoncourt, Art-sur-Meurthe, Varangéville, Le Rembêtant, Dombasle-sur-Meurthe.
2e Division de cavalerie :
Au-delà, la 2e Division de Cavalerie assure la liaison avec la 1re Armée du Général Dubail qui couvre la frontière des Vosges à la Suisse.
Cette Division de cavalerie basée à Lunéville est composée de nombreux régiments forts connus des Lorrains car ils défilent souvent les dimanches, musique en tête. Et plusieurs régiments de cavalerie qui défilent, c’est un spectacle haut en couleurs qui dure toute l’après-midi. Les jeunes gens en raffolent sans parler des dames qui admirent les « fringuant hussards ».
Là on ne rit plus… tout le monde l’a bien compris, mais tout le monde croit aussi à une guerre qui sera finie pour Noël… seuls quelques cerveaux supérieurs comme Driant et de Castelnau ont compris…


La concentration


La mobilisation générale est décrétée le 2 août. Les autres Corps d’Armée prévus arrivent de toute la France :
Les Régiments de Cavalerie sont acheminés de façon prioritaire.
En même temps suivent les :
* 9e Corps de Poitiers
* 15e Corps de Marseille
* 16e Corps de Perpignan
* 18e Corps de Bordeaux
Puis suivent les divisions de réserve dont la plupart seront commandées par le Général Durant, elles seront étagées de Pont-à-Mousson à Champenoux. Plus tard elles apparaitront aussi sur la droite de la 2e Armée, notamment les 64e et 74e DR pour suppléer au 15e Corps défaillant puis à son retrait.
C’est un carrousel inimaginable, maitrisé d’une main de maitre par les compagnies de chemin de fer de l’époque. Dans la journée, on compte jusqu’à trois trains par heure qui débarquent à Nancy… mais toutes les gares sont également utilisées, Jarville, Toul, Domgermain, Neuves-Maisons, des dizaines de gares lorraines
Un train c’est en général un bataillon, 1.000 hommes avec son train de combat, chevaux, charrettes etc. Il s’agit de trains de marchandises bien sûr. Mais il y a aussi des trains qui amènent du ravitaillement, des munitions, du matériel… et n’oublions pas que ces trains, outre les cheminots mobilisés à leurs poste, doivent eux-mêmes être ravitaillés en eau et en charbon, être entretenus, être réparés…
Il faut aussi affecter ces unités qui débarquent en territoire inconnu, les ravitailler, les commander… Car après la gare tout se faisait à pied…
Toutes ces unités s’insèrent sur le front suivant les plans pré établis, et reconnaissons que cette organisation gigantesque a globalement bien fonctionné…
Il ne faut pas oublier qu’en même temps on mobilise tous les chevaux valables des villages de Lorraine dans des centre de mobilisation de chevaux, qu’on évacue certains villages, qu’on achète des bovins et autres bêtes pour nourrir ces centaines de milliers de soldats… on achète aussi des tonneaux de bière et de vin, de la gnôle...
Les débits de boissons sont ouverts, et, même si le business tourne à plein régime, certains patriotes désintéressés donnent. Je citerai le grossiste en vin Dryer de Sommerviller, qui donna tout son stock de vin aux soldats français pour que « les boches ne le boivent pas ».

 

8 au 15 août Préparation de l’attaque et marche en avant de la 2e Armée


Les troupes qui arrivent continuent à s’aligner comme prévu du 8 au 14 août :
* Le 9e Corps est venu se poser à gauche du XXe Corps
* Le 15e à droite du XXe Corps
* Le 16e Corps à droite du 15e et à gauche de la 2e Division de Cavalerie
La 68e DR est sur la gauche
La 73e DR de Toul reste sur sa base de Toul
La 70e DR n’est pas dans le dispositif d’attaque
Le 18e Corps est en réserve à l’arrière de Nancy
Vous avez déjà compris que le 20e Corps est prévu pour être le fer de lance de l’attaque, il est entrainé, il est prêt depuis des années, il est dans sa région, les lorrains l’acclament quand il passe…les territoires volés par l’Allemagne en 1870 doivent redevenir français. Tout est prêt pour l’holocauste…

Le jour J prévu est le 14 août… il sera respecté…
A cette date les unités d’active des 4 Corps d’armée avancent derechef vers le pays annexé…
15 août au 22 août – L’attaque.. puis le retrait


En avant


Joffre retire le XVIIIe Corps à de Castelnau., il est vrai qu’il était seulement stationné en Lorraine à la disposition du Généralissime.
Plus embêtant, Joffre retire le 9e Corps, qui est à gauche du XXe Corps, chargé de suivre et de flanc garder l’attaque sur Baronville-Morhange, en protégeant l’offensive des troupes nombreuses et fraiches de la garnison de Metz, qui peuvent être amenées en moins d’une heure en train, directement sur la ligne de résistance que le plan Schlieffen a choisi, cette ligne Metz Reding par Morhange suivant précisément la ligne de front du 20 août… la ligne que les Allemands ont choisie et fortifiée à l’avance… relief favorable, tranchées bétonnées, mitrailleuses, artillerie lourde…
La 68e DR va suppléer au retrait du 9e Corps mais elle ne suffira pas…


La bataille de Morhange


Le 19 août la IIe Armée a bien senti qu’elle arrivait cette fois dans le dur de l’armée allemande.
Front du XXe Corps
Sur la gauche :
La 39e Division est durement accrochée un peu au-delà du signal de Martille et a du mal à progresser vers Baronville. Elle multiplie les attaques soutenue par le feu de son régiment d’artillerie qui colle à son avance.
Son flanc gauche est étiré, seulement défendu par le détachement Wirbel et un groupe d’artillerie, tous deux faisant partie de la 39e DI. En effet, la 68e DI, a du mal à suivre, elle ne suit pas assez vite… son artillerie ne donne pas…
Au centre :
Entre la 39e DI et la 11e DI, le 4e BCP se bat vigoureusement, il a dépassé Haboudange puis Pévange, ses patrouilles touchent Rode, et ne sont qu’à 1.500 mètres du centre de Morhange, et à 3.000 mètres de la gare de Morhange, cette artère vitale par laquelle les Allemands ont prévu d’amener les troupes de contre-attaque… le paroxysme de la bataille est donc tout proche…..les Allemands ne peuvent plus reculer…
Sur la droite :
La 11e Division, seconde division d’élite du XXe Corps, est échelonnée de Pévange à Lidrequin
Elle a occupé Riche, Conthil et Lidrezing…. Sur sa droite elle s’est heurtée à une vive résistance
Front du XVe Corps
Plus à droite le 15e Corps patine toujours, il n’est toujours pas aligné sur le XXe Corps…. Seuls 2 bataillons de Chasseurs Alpins « mordent » à Vergaville. Le soir du 19, De Castelnau prescrit à Foch de ne plus avancer, de rester sur le terrain conquis en se renforçant, et de veiller particulièrement à sa liaison à droite, avec le 15e Corps.
Foch prétextera n’avoir jamais reçu cet ordre le 19 au soir…
Le 20 au matin, dès l’aube même, Foch relance le XXe Corps en avant, espérant l’emporter d’un effort suprême de ses troupes auxquelles il sait qu’il peut tout demander….
Mais dans la nuit les Allemands ont amené en train des troupes fraiches sur leur fameuse ligne de défense, et lancent une puissante contre-attaque, avec une infanterie nombreuse soutenue par une artillerie puissante, en particulier du gros calibre qui est hors de portée de nos canons de 75…. leurs nombreuses mitrailleuses crachent la mort de Marthille à Pévange, de Lidrequin au Haut de Koecking…
En ce matin du 20 août le face à face est donc d’une violence inouïe entre le XXe Corps qui résiste sur place, mais à droite, le 15e Corps cède, recule, et au fil des heures il va quasiment se disloquer et de Castelnau le fera reculer jusque la Meurthe pour ne pas le perdre, avec le 16e Corps qui est de ce fait dans une situation compromise...
Dès la matinée il commandera à Foch de pivoter vers l’est avec l’aile droite de 11e Division, pour attaquer de flanc les Allemands et permettre au XVe Corps de se « dégager »

Du 15e Corps il y a surtout l'une de ses deux divisions qui se débande, malgré quelques contre exemples qu'il faut citer, les deux BCA, et l'artillerie de Corps qui poursuivront leur conduite exemplaire une fois repassés la Meurthe.
Le XXe Corps reçoit au fil des heures l’ordre de reculer aussi, tout en maintenant des unités chargées de couvrir la retraite de la IIe Armée entière, de la 68e DI à gauche au XVe et XVIe corps à droite qui a donc cédé aussi. Il est en effet essentiel que le XXe Corps puisse ramener ses convois si les Allemands poursuivent.
Le XXe Corps perd pour certaines de ses unités plus de un tiers de ses effectifs, mais il recule sur ordre, dans la discipline, ramenant armes, équipements, trains de combat, faisant même des prisonniers dans la forêt de Bride
Les faits d’arme dans ces journées des 19 et 20, tant lors des attaques que lors de la retraite dans l’ordre sont innombrables au XXe Corps. Partout les officiers montrent l’exemple, se font tuer, refusent parfois d’évacuer parfois malgré leurs blessures, refusent d’être soignés avant leurs hommes… les pertes de l’encadrement sont effroyables… lisez les journaux de marchent du 37e RI, du 39e RAC, du 4e BCP, du 69e RI etc. vous comprendrez
Au soir du 20 août le XXe Corps cantonne en gros le long de la Seille, il est rentré dans la frontière d’avant le 1er août


21 août au 22 août– Le retrait


Les troupes du XXe pensaient défendre cette position de repli atteinte tard dans la nuit du 20, mais la situation est tellement grave sur la droite que le général de Castelnau prescrit de reculer derrière la Meurthe, sur les hauteurs « couronnées de forêts » qui abritent tant soit peu Nancy. Il raccourcit ainsi son front, espère que les Allemands ne poursuivront pas trop vite, lui permettant ainsi de reformer ses unités, de leur laisser un peu de repos, de refaire leur dotation en hommes et en munitions etc.
Le 21août, le XXe Corps revient donc sur le Grand-Couronné, de Varangéville au Rembêtant et Rosières-aux-Salines. Il traverse le rideau des troupes de réserve déployées en arrière depuis le début de l’attaque. Les ponts sur la Meurthe sautent, sauf celui de Varangéville qui est sauvé in extremis, pont qu’on a même doublé par un pont construit par le génie…
A sa gauche on a remis en ligne les quelques unités du 9e Corps qui attendaient encore caserne Kléber à Essey d’être rembarquées en train… plus loin sur la gauche d’autres divisions de réserve commandées par le Général Léon Durant. La 68e DR qui a retraité est mise au repos sur Jarville Vandoeuvre
Le 9e Corps fournit aussi quelques bataillons pour occuper le « fort » du Rembêtant qui est seul à découvert du côté nord de la Meurthe. On leur donne un groupe d’artillerie. et le 212e RI de Tarbes. Commandés par le commandant Briant ils vont faire merveille.
A droite du XXe Corps le trou béant… la 2e Division de Cavalerie fait au mieux pour l’occuper, il faut absolument garder la liaison avec la 1re Armée des Vosges
Le XXe Corps a laissé devant Morhange nombre des siens, beaucoup d’officiers dont le fils du général de Castelnau, mais dès le samedi 22 août, il s’organise et se prépare pour contre-attaquer
Le 22 le XVe Corps recule donc toujours et s’est déclaré incapable de revenir en ligne tout de suite….
Il abandonne Crévic sans combattre, de Castelnau envoie la brigade Ferry attaquer une nouvelle fois les Allemands de flanc pour lui permettre encore de se retirer sans casse… c’est ainsi que le 37e RI attaquera à Crévic, résistera à nouveau héroïquement dans le village puis sur le flanc de Flainval, en lisière de Crévic… ce sera le premier signe que le XXe Corps n’était pas hors de combat comme le croyaient les Allemands.
Lunéville est perdu sans être défendu par les troupes du XVIe Corps…. La Meurthe est franchie par les Allemands… la situation est grave… seul le 2e BCP de Lunéville qui est intégré dans les troupes de la IIe Division de Cavalerie se distingue… la résistance de l’adjudant Chèvre au pont de Gerbéviller qui stoppe une brigade allemande pendant une journée avec 70 Chasseurs est restée célèbre…
Les unités encore présentes du 9e Corps vont s’aligner de Réméréville au Rembêtant
Le XVIe tient à peu près mais le trou existe sur sa gauche, le XVe Corps étant au repos très en retrait
Le 20e Corps tient les hauteurs du Grand Couronné
Le 2e Groupe des divisions de Réserve s’étale de Sainte-Geneviève à Champenoux
Les 64e DR et 74e DR sont en cours de débarquement, objectif assigné boucher le trou à droite…. ...avec notamment le 6e BCA du XVe Corps qui avait déjà sauvé l’honneur à Vergaville.


22 août au 29 août : La contre-attaque – l’espoir


Le 22 Maixe, Crévic, Deuxville, Lunéville sont donc tombés… Haraucourt est vide de soldats… seule quelques éléments allemands sont au contact de ce côté
Le dimanche 23 les unités continuent de se reconstituer et se reposer... mais les habitants des villages pris, de Dombasle à Crévic savent que la division de Toul manœuvre de l’autre côté de la Meurthe, met en place son artillerie
Des éléments allemands pénètrent dans Dombasle
Les habitants de Nancy n’évacuent pas, ils pensent que s’ils partent, d’abord il faut le pouvoir, mais ils pensent que le XXe Corps ne comprendraient pas cette perte de confiance imméritée… ils restent… seule l’administration de la Poste évacue, elle sera raillée par les Nancéiens…


Mais dès le 24 :
Le 125e RI, régiment du 9e Corps dont on a stoppé l’embarquement en gare de Nancy attaque à Réméréville… il stoppera la marée Allemande au prix de sanglants sacrifices
Des éléments du 9e Corps qu’on a jeté en haut du Rembêtant arrêtent les attaques allemandes qui laissent des centaines de morts sur le terrain. Ses canons bien servis enfilent la vallée du Sanon, ils sont entendus depuis Crévic qui est à portée et les villages du Sanon… « C’est Le Rembêtant qui tire » disent les habitants, le moral revient, pendant trois jours ils ont vus passer des troupes qui ne se battaient pas… les canons du 39e RAC de Toul qui tirent depuis la ferme de La Crayère sur les hauts de la Chapelle de Crévic achèvent de les persuader « qu’il va se passer quelque chose »…
Le 43e RIC qui a terriblement souffert devant Morhange avance en effet dans Varangéville, Dombasle où il longe l’usine Solvay, et chasse avec une poignée d’hommes du Commandant Briant descendus avec l’adjudant Brau du fort du Rembêtant, les Allemands qui étaient arrivés au Pont des Voleurs, infiltrés depuis Crévic et Sommerviller par la vallée du Sanon. Ils allaient encercler le Rembêtant…
La division de Toul envoie un régiment qui remonte par Varangéville sur Haraucourt, et envoie même une compagnie dans Crévic qui est libéré partiellement et provisoirement en fin de journée de ce lundi 24 août


25 août au 29 août – La contre-attaque française


L’erreur que de Castelnau attendait, espérait se produit, se confirme…


Les quelques avions qui étaient à sa disposition et en lesquels il croyait lui confirment que les Allemands, au lieu de l’attaquer sur les hauteurs du Grand-Couronné pour prendre Nancy, s’engouffrent par Lunéville, plein sud, fonçant vers Charmes, la vallée de la Moselle, espérant en un  coup d'un seul séparer la 1re Armée de la IIe, envelopper les IIe et IIIe Armées dans une gigantesque tenaille à l’aide de l’offensive qu’ils vont lancer par la Marne
De Castelnau, très averti des théories du général Serré de Rivière les fera siennes :
Le 25 dans l’AM il demande à toutes les unités du XXe Corps d’attaquer à outrance le flanc ouest des Corps d’Armée allemands qui foncent vers le sud. De Haraucourt à Friscati et Saint-Boingt, tous les régiments y vont…
Il demande aussi à Dubail de continuer à tenir bon, de continuer d’attaquer l’autre flanc
A Rozelieures, au Bois Lalau, les troupes du 8e Corps en effet flottent et reculent... c’est à nouveau le 2e BCP qui est sollicité, qui remonte les colonnes de fuyards dans le bois Lalau et stabilise l’affaire à l’aide d’un seul officier du 15e Corps qui reflue au travers du Bois et réussit à reprendre quelques dizaine de fuyards, avant que de Castelnau n'envoie toutes les troupes de réserve disponibles par la gare de Bayon, troupes qu’on engage aussitôt débarquées… La aussi le génie de de Castelnau lui a fait placer tous les canons de son front sud sur le plateau de Borville, ils vont massacrer les troupes d’assaut allemandes par-dessus le bois Lalau
Le soir, Saint-Boingt, Rozelieures sont à nous, les troupes allemandes remontent vers le nord, la percée mortelle est finie…. La tenaille ne se fera pas avec la Marne… De son côté Dubail a « fait le job » aussi…. Les Allemands ont compris que la IIe Armée existait toujours…
Un général de Corps d’Armée allemand a bien compris que les attaques à outrance du XXe Corps de Léomont à Crévic vont le priver de sa seule route de ravitaillement, celle de Einville à Lunéville, il convertit ses troupes vers l’ouest… c’est ainsi que la lutte va se fixer d’Adoménil à Crévic jusqu’au 12 septembre, les allemands cherchant à se donner de l’air pour reprendre leur offensive… les français attaquant sans cesse pour fixer un nombre maximum de troupes allemandes en lorraine et priver ainsi le front du nord de troupes d’assaut allemandes essentielles
Devant Lunéville le XVIe Corps s’est repris, le XVe Corps a repris un peu de consistance … il va être retiré du front de Lorraine dans les jours suivants. Ce sont des Divisions de réserve qui vont le remplacer… elles ne démériteront pas…

 

29 août au 5 septembre – la bataille du Bois de Crévic au Léomont


* La Division de Toul au Nord du Sanon, ayant le village de Crévic comme pivot sur sa droite. Elle va se battre d’Haraucourt au Bois de Crévic, à la célèbre côte 316 et Maixe, adossée au village de Crévic et au Sanon…
* La Division de Nancy au sud du Sanon, ayant le hameau de Grandvezin comme pivot sur sa gauche, et comme ligne de front Deuxville, Léomont, Vitrimont, Friscati

Ces deux divisions renforcées du 43e RIC vont sans cesse attaquer, contre-attaquer sur ce front de 12 KM
Ce sont près de 50.000 hommes qui se battent sur cette ligne de 3 Km de profondeur.
La nuit du 4 au 5, les Allemands tentent un suprême effort, attaquent de Friscati à Champenoux
Le XXe Corps surpris cède mais ré attaque malgré le prélèvement pour le Général Ferry de plusieurs bataillons pour former un détachement afin de secourir la vallée de l’Amezule.
Le futur cardinal Tisserant, qui est pour l’heure aumônier au 26e RI, est blessé sérieusement à Vitrimont.
L’artillerie a reculé, on a évacué quelques villages, les postes de secours de l’avant…
Crévic est presque repris, les Allemand arriveront aux portes du village…une partie des rares habitants qui étaient restés partent le 5 à l’aube, à pied, vers Nancy…
Dans un suprême et coûteux effort le XXe Corps épuisé va reprendre le terrain perdu en 48 heures…


5 septembre au 12 septembre : l’étreinte mortelle de Champenoux au Léomont

 

Les Allemands vont continuer à attaquer sur tout le front de la IIe Armée pendant une semaine
Côté XXe Corps – de Haraucourt à Crévic et Léomont :
la bataille et les attaques vont continuer chaque jour… on complète les effectifs, on fait donner l’artillerie, quand on peut, et on attaque, tous les jours, face aux mitrailleuses et sous les obus…
* La 11e Division s’épuise devant Léomont qui est à nouveau pris et repris.
Le cimetière de Friscati témoigne de ces trois semaines d’enfer autour du Léomont…
* La 39e Division attaque du Bois de Crévic au plateau qui sépare Haraucourt de Drouville
Le cimetière de Courbesseaux témoigne de ces trois semaines de la bataille du Bois de Crévic – Côte 316
On ne gagne pas grand-chose mais on fixe les Allemands qui ne peuvent pas renforcer l’attaque sur l’Amezule ou la Marne…
Côté Amezule :
Le détachement Ferry comprenant :
* Le 3e Bataillon du 69E RI
* Le 3e Bataillon du 79E RI
* Le 43e RIC
* Un Groupe d’Artillerie
cantonne dans le secteur de Lenoncourt et attaque tous les jours par le Bois Saint-Paul vers Cercueil Réméréville. Des morts des morts…. On contient les attaques allemandes, on résiste au froid, à la pluie, au brouillard et à la boue… on souffre mais on tient…
Les divisions de réserve du Général Léon Durant défendent mètre par mètre Champenoux, La Bouzule, la forêt qui va de Champenoux à Amance que les Allemands attaqueront sans cesse car là est l’artillerie française… de milliers de morts… le cimetière de Champenoux témoigne… mais le Kaiser et son Régiment de Cuirassiers Blancs, sa garde personnelle, rentrent à Metz « la queue » entre les jambes.


12 septembre 15 septembre – La victoire de Lorraine


Le 12 au matin le Allemands se retirent, leur Empereur ne défilera pas place Stanislas
Nos troupes épuisées ne peuvent poursuivre…la cavalerie a ses chevaux qui ont le dos en sang, la plupart n’ont pas été dessellés depuis 3 semaines…
D’ailleurs, du 12 au 15 on embarque le XXe Corps vers le Nord, à pied , en train, avec les bus de ville de Nancy…
Nancy qui fera un triomphe aux régiments qui vont le traverser pour aller sur le secteur de Toul où on va le re déployer.
La ville sait ce quelle doit à ces héros qui se sont battus 3 semaines à ses portes… qui ont perdu la moitié de leurs effectifs quand ce n’est pas davantage…Les divisions de réserve vont veiller sur elle, mais les Allemands ne reviendront pas en force… Nancy restera inviolée