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La création de ce site,

est l'idée de Jean-Marie Perette, qui l'explique dans l'excellent article, chargé d'émotion qu'il nous délivre ci-dessous

photo JM P

Pourquoi ce site?

La Bataille de Lorraine de l'été 1914, connue aussi sous le nom de bataille du Grand-Couronné, a vu plus de 100 régiments commandés par le général de Castelnau attaquer, résister, puis refouler les Allemands qui avaient pour objectif de trouer le front de Lorraine pour encercler dans une gigantesque tenaille le corps de bataille français avec les corps d'armée qui fonçaient devant Paris au travers de la Marne.

C'est parce que l'armée de Lorraine a tenu que les Allemands ont dû reculer dans la Marne. Et si la propagande officielle n'a retenu que la victoire de la Marne et le nom de Joffre, c'est bien la victoire oubliée devant Nancy qui l'a permise.

Les anciens de nos villages, les anciens du XXe Corps le savaient...

A l'approche du 100e anniversaire de la victoire de nos couleurs, à défaut de témoins directs, il ne reste que les témoignages de ceux qui les ont entendus pour rappeler ce qu'a été le sacrifice de nos grand-pères, et l'objectif est de faire ce qu'il faut pour que nos enfants et nos petits enfants sachent, eux et si possible d'autres , ce que fût la vie de nos villages pendant les six semaines de l'été de Sainte-Geneviève à Friscati.

1. Pourquoi cette passion pour la bataille de Lorraine...

Parce que je suis né en Lorraine, parce que jeune enfant habitant mon village natal de Crévic, à l'ombre du Léomont, entouré de mes parents et grand-parents maternels, à une époque où beaucoup d'Anciens Combattants vivaient encore, tous "ne parlant que de cela", certains étaient las de les entendre, moi cela m'intéressait.

Parce qu'à partir de l'âge de 9 ans mon oncle et ma tante ne venaient pas en visite sans m'apporter un livre d'histoire. Ce fut Jeanne d'Arc d'abord et la vie des saints, mais rapidement ce fut Joffre, Foch, Lyautey dont le château était à Crévic, de Castelnau, Guynemer, Nungesser...

Parce qu'interne plus tard à Saint-Joseph à Nancy, les nombreuses heures d'étude me permirent de lire et lire encore.

Parce mon professeur d'histoire de la troisème jusqu'au baccalauréat, le colonel BRESSON, savant homme s'il en est, pédagogue, passionné, m'a transmis le virus au point de me présenter à divers concours avec quelques modestes succès.

       2. Pour qui

Il y a 20 ans, quand mon père est mort, j'ai commencé à rassembler mes notes de lecture, à les compiler, j'ai écrit ce que ma mémoire orale n'avait pas encore    effacé, j'ai noté ce que m'avait dit ma grand-mère, mon père, mes oncles et tante, mes cousins....

        Pour qui donc :

Pour mon arrière-grand-père Charles ROUSSELOT, 47 ans en 1914, veuf avec 6 enfants dont certains en bas âge, il s'engagea dans une unité combattante. Surnommé "le papy" par les jeunes il attaqua avec eux.

Pour ma grand-mère maternelle Augustine ROUSSELOT, habitante de Sommerviller, sous le Léomont aussi, vingt ans en 1914, qui perdit son fiancé dans ces terribles combats à quelques km de chez elle, elle avec d'autres femmes soignaient les blessés, allaient reconnaitre les morts avant qu'ils ne soient enterrés sommairement...

Pour mon grand-père paternel, Charles PÉRETTE, sous-officier dans les années 1900 il fut réformé pour une maladie de coeur due à une grippe mal soignée. Il fera la guerre dans le service de santé et vécu les pires atrocités de ce métier. De 1942 à à 1945 il fut maire de guerre, à Crévic, y laissa le reste de sa santé et faillit même être fusillé. ◦

Pour ma grand-mère paternelle Berthilde COLIN, enceinte à terme de mon père en août 1914. Devant les hordes hurlantes et avinées qui venaient de brûler et de massacrer à Maixe, village voisin, elle parti avec un char à banc attelé avec un vieux cheval non réquisitionné, avec son fils aîné de 6 ans, un voisin âgé et ses deux petits-fils. Elle accoucha de mon père dans un fossé dans la montée d'Azelot, en plein champ de bataille, sous le vacarme de milliers de coups de canons

Pour mon père, né le 1er septembre 1914 derrière les lignes françaises, en pleine bataille, qui passa 10 ans de sa vie sous les drapeux au service du pays, donc cinq comme kriegsgefangener derrière les barbelés allemands. ◦

Pour le cousin germain de ma mère, de Sommerviller, maquisard de 20 ans, blessé dans un assaut mené par les Allemands contre leur ferme repère de Purymont, près d'Essey la Côte, emmené à Charles III, torturé jour après jour boulevard de Scarpone, qui connut ensuite le Struthof et mourut à Dachau.

Pour Roger Nonet, beau-frère de ma tante Alice Henriot, soldat du courageux 125e RI de Poitiers, tué à Rémeréville, en donnant l'assaut, en pleine bataille de Lorraine, le 24 août 1914.

        Mais aussi :

J'avais envie aussi, pour mes enfants, pour mes petit-enfants né ou à naitre, de laisser un témoignage de leur papy sur ce que avaient été la vie de leurs ancêtres, de prendre conscience que leur vie à eux était plus facile, et que face aux drames que le futur amènera peut être, les anciens eux avaient su faire face et donner une leçon de courage, d'abnégation, de ténacité...

Courage à vous les jeunes si parfois l'adversité est au rendez-vous...

        Voilà,

La bataille de Lorraine, je l'ai arbitrairement définie comme allant du 1er août 1914 au 15 septembre 1914 : mobilisation, Morhange, Léomont, Grand-Couronné etc

       Dans les années 2000 j'ai développé un premier site internet. J'ai tout d'abord arrêté des bornes dans le           temps dans le temps et dans l'espace.

1. Dans l'espce j'ai défini 6 secteurs, de la montagne Sainte-Genviève à la valée de l'Amezule, Amance, Champenoux, Laneuvelotte, Réméréville... où le IXe Corps de Poitiers et les divisions de réserve du général Léon Durand se sont illustrées

2. Le front de la 39e DIvision, la division d'acier, celle de Toul, front qui va de Varangéville à Crévic, rive droite du Sanon.

3. le front de la 11e DIvision, la seconde division du XXe Corps, la division de Fer, celle de Nancy, de Crévic rive gauche du Sanon, à Léomont et Friscati la sanglante.

4. Le village de Crévic, mon village, la vie des habitants au jour le jour durant les 21 jours de la bataille du Bois de Crévic.

5. Ma famille, un secteur transversal sur les 6 autres, au travers de tous ces événements, jour après jour.

6. La Lorraine sud, de Lunéville à Rozelieure, où les XVe et XVIe Corps tristement célèbres ont failli permettre aux Allemands de nous faire tout perdre.

Pour chacun des 45 jours de la bataille, pour chacun des 7 secteurs, j'ai développé une page internet, plus de 300 écrans. avec un système de navigation dans l'espace et le temps

Je m'intéresse à d'autres périodes de l'histoire de Lorraine comme la bataille de Nancy où nous avons vaincu le Téméraire... Amance aussi dont je ne désespère pas de démêler les fils de ses familles de seigneurs qui sont mes ancêtres... mais restons sur 1914 pour ce soir

Ce travail de fourmi m'a laissé sur ma faim, tout simplement et entre autres parce que beaucoup de monde, surtout dans le anciens, n'ont pas internet

J'ai donc démonté ce site pour le refondre ...

J'ai beaucoup écouté l'histoire des de Miscault.. fantastique... je l'avais déjà abordée par celle d'un des héros de Friscati, le colonel Courtot de Cissey, tué le jour où mon père est né, dont la mère était une de Miscault de Laneuvelotte.. mais je ne savais pas que le capitaine de Miscault,grand-père de Vincent de Miscault, était officier au 153e RI, régiment qui s'est fait hacher au Bois de Crévic.

J'ai perçu aussi à force de cotoyer des gens passionnés par nos villages, sous un angle ou sous un autre, l'intérêt de noter, de répertorier le patrimoine de chaque village, et cela m'a semblé une dimension à intégrer absolument.

       J'ai donc repris le problème à la base... c'est quoi l'histoire...

       L'histoire c'est la juxtapostion :

-de lieux, les villages, d'éléments de patrimoine, moulins, calvaires, ponts, village, églises, nécroples nationales et cimetières communaux qui sont les témoins du passé

-d'événements, naissances, décès, mariage, mais aussi des guerres, guerres qui étaient continuelles au moyen-âge

-de personnes, nos ancêtres bien souvent, certains sont des personnages célèbres ◦ces personnes sont parfois agrégés en groupes, notamment, en bataillons, régiments armées

Et je me suis dit que l'histoire c'était tout simplement des ÉVÉNEMENTS vécus par des HOMMES dans des LIEUX ... et que si je voulais dépasser un jour les 45 jours de notre bataille, associer d'autres lieux et d'autres périodes,avec d'autres collègues, je ne pouvais pas continuer sur un concept d'un écran internet par jour et par lieu

       Je tenais mon filigramme....

1. Comment faire

J'ai créé trois bases de données...

je les ai relié par des relations, un homme est né dans un lieu, se marie dans un autre avec une autre personne, décède dans un troisième, se bat ici dans tel lieu, est témoin de tel autre évément là

2. Comment trier et extraire une certaine partie d'information de ce stock qui peut être très vaste si plusieurs personnes se mettent à le nourrir

Eh bien en développant les outils nécessaire pour extraire de cet ensemble, l'ensemble des informations qui m'intéressent à tel moment... je veux tous les événements qui ont eu lieu dans le village A de telle année à telle année, je veux ouvoir sélectionner les bataillons concernés, mais aussi décider de prendre en compte ou pas les civils...

Un sytème de base de données relationnelles permet cela...

3. Sur quel support restituer l'extraction

J'ai bien mémorisé que tout le monde n'est pas un fan d'internet...

J'ai donc prévu de pouvoir faire trois choses :

Restituer l'extraction sous forme de papier A4. C'est jetable, car moins cher que l'imprimerie et le papier glacé..... éditer à compte d'auteur c'est cher (et puis c'est un métier à part entière que je ne maitrise pas)

Cataloguer les pages A4 de restitution sur internet, car cela permet d'atteindre le monde entier, et pas seulement quelques villages.

La solution, ce sera PDF, logiciel gratuit que tout le monde a sur son ordinateur. je ferais donc les extraction en PDF.

Mais aussi, le système devra permettre d'exporter des lots de données pour nourrir le présent site internet moyennant un temps de mise en forme certes important, mais qui évite la resaisie. Ce site permettra d'accéder à l'information relative à la Bataille du Grand-Couronné de Nancy sous une forme beaucoup plus agréable. Mais là tout le mérite en revient à Dominique Sayen qui a bien voulu monter ce site de de A à Z... Admirez... Merci Dominique.

       4. Synthèse

       je suis bien avancé dans le développement même si je n'ai pas fini. Mais suffisamment pour commencer à         saisir les journaux de marche de la 39e division, du 31 juillet au 15 septembre. La zone principalement             intéressée va de Varangéville à Crévic.

Pour couvrir la bataille de Lorraine de 1914 il y a du travail pour beaucoup de fourmis, l'armée de De Castelnau c'est plus de 100 régiments... une organisation formidable, peu connue, de la bataille oubliée qui a permis la victoire de la Marne